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En voyageant à travers les Abruzzes, aujourd’hui nous nous dirigeons vers le Corno Grande, sur le Gran Sasso d’Italia, en plein cœur du parc national. C’est une journée magnifique : le ciel est bleu, le soleil brille et l’air est immobile. Le temps parfait pour monter au sommet. Car même si nous sommes en août, à cette altitude (au‑delà de 2 000 mètres et jusqu’à frôler les 3 000), il peut toujours faire froid si le vent souffle ou si le soleil disparaît. Mais aujourd’hui, les conditions sont idéales.
Il existe deux chemins pour atteindre le sommet :
la “Direttissima”, qui demande toutefois un peu d’expérience car certains passages sont difficiles (du moins c’est ce qu’on me dit — je ne l’ai jamais prise… d’ailleurs, plus d’une fois ils ont dû aller récupérer en hélicoptère quelqu’un qui s’était “bloqué” sur cette voie !)
la “Voie Normale”, plus longue et plus douce (ce n’est pas une promenade pour autant, soyons clairs), et globalement adaptée à presque tout le monde.
Nous choisissons évidemment la seconde.
Nous partons du parking de l’hôtel de Campo Imperatore et commençons à monter. Les dix premières minutes sont vraiment dures. La pente est raide et directe, et comme nous venons d’arriver et sommes encore froids, nous avons du mal à “trouver notre souffle”. Nous savons que la situation va s’améliorer, mais les premiers mètres sont toujours un peu traumatisants. Comme prévu, après encore un peu de montée vers le Monte Aquila, la fatigue semble diminuer, surtout lorsque la portion tant attendue de terrain plat arrive. En réalité, il s’agit d’un enchaînement de montées et descentes douces, sans pentes excessives. C’est un moment vraiment merveilleux : suivre le sentier n’est pas difficile du tout, et nous pouvons nous détendre, admirer le paysage splendide qui nous entoure et nous arrêter pour quelques photos. La Valle Pericoli se dévoile dans toute sa beauté. Mais évidemment, nous sommes en montagne, et le chemin ne peut pas rester aussi facile éternellement.
Nous recommençons à monter, et à certains endroits nous devons même utiliser les mains pour franchir quelques passages plus délicats. Mais dans l’ensemble, c’est vraiment agréable ! Nous avons dépassé la moitié du parcours lorsque soudain, le sentier semble disparaître devant moi. Où va‑t‑on ? À côté de nous, une paroi rocheuse… et Ale dit : “On monte par là” (en montrant la paroi)… le blagueur habituel… sauf que cette fois, il ne plaisante pas. Je lève les yeux et vois plein de gens grimper au‑dessus de nous. Donc il ne plaisantait pas, hein ? Bon, il ne reste que quelques centaines de mètres avant le sommet, hors de question d’abandonner ! Nous commençons à grimper nous aussi. Le paysage autour de nous a complètement changé. Nous avons laissé derrière nous les prairies fleuries et nous sommes maintenant sur la roche nue. Aucune végétation ici. Juste la montagne imposante et, sur notre gauche, le Corno Piccolo qui se dresse majestueusement. Quelle fatigue ! Finalement, nous dépassons la paroi et arrivons au sommet de cette crête. De l’autre côté, la montagne plonge presque à pic, et nous pouvons admirer le glacier. Pour moi, c’est le point le plus impressionnant : le spectacle est majestueux, magnifique, mais aussi un peu intimidant, et même si le terrain est presque plat, j’avance avec beaucoup de prudence.
Encore quelques minutes de marche et nous y sommes. Nous avons atteint le sommet du Corno Grande ! La première chose à faire, évidemment, est d’admirer le panorama… quelque chose de vraiment magique et impressionnant. On voit pratiquement tout l’Abruzzo et même au‑delà. Je vois la côte adriatique et, à ma grande surprise, même la côte tyrrhénienne. Quelle merveille ! Nous ne pouvons détacher nos yeux de ce paysage féerique, et nous oublions immédiatement la fatigue du parcours. Évidemment, nous nous déchaînons avec l’appareil photo. Je n’ai plus envie de partir. Le soleil est chaud et on est tellement bien. Mais il faut encore redescendre toute la montagne… il est temps de repartir.
La descente est plus facile. Enfin… en théorie. C’est à démontrer. À la centième fois où je glisse sur les éboulis, je demande à Ale de m’abandonner là et de rentrer seul… mais une fois la première partie passée, les choses s’améliorent nettement et nous profitons de la descente autant que de la montée. Nous voilà arrivés, notre petite voiture nous attend pour nous ramener à la maison… temps total ? Moins de 6 heures… pas mal, je dirais.